Les villages voisins de St Martin de La Mer - LIERNAIS


Moux

Liernais



Alligny
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Texte de Claude Courtépée
Texte de Jean-François Baudia
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Description générale et particulière du Duché de Bourgogne
Claude Courtépée et Michel Béguillet 1774

DU BAILLIAGE DE SAULIEU.

LIERNAIS

De Musco, paroisse, vocable St. Denis, archiprètré d'Anos ; patron , le prieur régulier de St. Symphorien d'Autun, de la seigneurie de Menessaire.

Le fief du Breuil à M. de Choiseul d'Aligni ; la Chassagne , fief à M. de Montmaur; Chaumien à M. de Buy ; la partie du Nivernais est à M. de Mascarani , seigneur de Chàteau-Chinon.

6 feux dans le chef-lieu, 630 communiants avec les dépendances : Chassagne, Goix, Chaumiens, Guise, les Perruchot, Bize, la Velle, Chevigny, la Corne-au-Cert, etc.

La paroisse a sept lieues de tour. 3 moulins.

Guillaume de Clugny, dans son terrier de 1426, appelle Champ des Gaulois une castramétation encore marquée à un quart de lieue de Moux, entre le domaine de la Fraigneau et la Maison-Basse.

Recette d'Autun. A quatre lieues de Saulieu.


 

Le MORVAND ou essai géographique, topographique et historique sur cette contrée,
par Jean-François BAUDIAU, curé de Dun-les-Places, membre de la Société nivernaise
des lettres, sciences et arts, et de plusieurs autres sociétés savantes.
Nevers 1867

CANTON DE LIERNAIS.

Ancienne dépendance du bailliage , du grenier à sel de Saulieu et de la recette d'Autun, le canton de Liernais est actuellement un des dix qui composent l'arrondissement de Beaune. Des quinze communes qu'il comprend , six sont en dehors du sol granitique du Morvand. Elles ne trouveront donc point place ici.

Le territoire de ce canton renferme vingt-six mille neuf cents hectares de superficie. La partie sud-ouest est très-accidentée. On n'y rencontre que quelques ruisseaux de peu d'importance. Une voie romaine le traversait autrefois. Il en existe de beaux fragments entre Liernais et Brazey. L'élévation du sol atteint six cents mètres au-dessus du niveau de la mer.

LIERNAIS autrefois LYÈNAS,

Ce bourg est assis sur un vaste plateau d'où la vue se porte au loin sur le riche Auxois et ses blancs coteaux. Son élévation est de cinq cent trente mètres. Il ne comptait encore, en 1774, que vingt-cinq feux ; mais il renferme actuellement soixante-dix habitations, parmi lesquelles on remarque l'hôtel de ville, siège de la justice de paix, de la mairie et de l'école communale; il fut bâti, en 1858, sur les plans et devis de l'architecte Fénéon,de Dijon, et sous l'administration de MM. Lucotte et Balivet, maires.


Emplacement de l'ancien château

Liernais doit son origine à une antique villa romaine, près de laquelle passait la voie d'Agrippa. Elle fut remplacée, au commencement de la féodalité , par une maison seigneuriale, nommée communément Tour forte de Liernais. En 1673, ce château, encore debout, servait de logement aux fermiers de la châtellenie et de grenier pour leurs grains. il n'en reste aujourd'hui que quelques débris, croulant sur leur base et une ceinture de fossés profonds, renfermant l'église et le cimetière.

La première, dédiée à saint Laurent, ne fut primitivement que la chapelle du château. Le chœur, très-exigu est la seul partie voûtée. Son style est le roman du onzième siècle. Au-dessus s'élève une tour laide, massive, renfermant deux cloches. La plus ancienne, de six cents kilogrammes environ, date de 1743. Elle fut bénite par le curé Jean Prévost, et eut pour parrain Sébastien-Joseph Espiard, écuyer, seigneur de Mâcon, du Meix-Pinot..., et pour marraine Jeanne Balivet, fille de Claude, sieur de Réglois. La seconde, en acier fondu, du poids de deux cent cinquante kilogrammes, fut bénite par le curé actuel, Louis-Étienne Béney, en 1864, et eut pour parrain Edmond Balivet , maire de la commune, et pour marraine Louise Blanot de Cenfosse, veuve Siraudin.
La nef, agrandie, de près de moitié, en 1846, est vaste mais sans caractère. Les ressources ne permettaient pas de faire mieux. La confrérie du Saint-Coeur de Marie fut établie dan l'église de Liernais, en 1841 , par Mgr Collet, évêque de Luçon, alors vicaire général de Dijon [Le 22 juillet 1751, fut plantée la grande croix qui est près des ormes. (Registres de la marie.)]. La paroisse est très-ancienne; elle faisait jadis partie du dio cèse d'Autun et de l'archiprêtré de Saulieu. Le patronage de la cure appartenait au chapitre de Saint-Lazare ; les dîmes étaient perçues par le curé et le seigneur.

Le presbytère, vaste construction, située au milieu du bourg, fut bâti par le curé Jean Briet, vers 1760 [Curés connus de Liernais : Jacob, en 1668 , date des registres; Ponts, 1682; inhumé dans l'église vingt-quatre ans plus tard; Jean Prévost, 1706, meurt à Liernais ; Jean Briet, 1751 ; déposé dans le chœur de l'église ; Jean-Nicolas Pichenot, 1781; décédé en 1822, à quatre-vingt-trois ans ; Jean Largy, nommé l'année suivante, tomba en aliénation mentale; Roussin et Perrot administrèrent alors la paroisse, en qualité de vicaires-gérants ; Louis-Etienne Bérrey, curé-doyen, nommé en 1840.]


Le presbytère de Liernais

Près de l'église se trouve un petit établissement religieux, tenu par des sœurs du tiers-ordre de saint Dominique, d'Ambert, qui s'occupent de l'éducation des jeunes filles. Il fut fondé, en 1852, par Marie Carnot, ancienne religieuse de la Charité de Nevers, femme aussi remarquable par son dévouement que par son intelligence. Elle acquit et rebâtit la maison, à ses frais et en fit don à la commune, a condition qu'elle ne recevrait jamais une autre destination. Cette insigne bienfaitrice du pays mourut d'une phtisie pulmonaire , le 16 juillet 1861.

On voyait autrefois sur la place publique une halle, où se tenaient les anciens marchés, fondés par les ducs de Nevers. Ils y avaient aussi établi quelques foires, qui, en 1675, étaient tombées. Le duc Pliilippe-Julien Mancini voulut les taire revivre, mais inutilement. Les six foires annuelles et le marché hebdomadaire qui s'y tiennent actuellement ne datent que de l'administration du maire Jean-Elisabeth Sîraudin de Cenfosse.

Liernais est la patrie de Laurent Bureau , évêque de Sisteron. Cet illustre prélat, encore enfant, gardait les troupeaux de son père dans la campagne, lorsque deux religieux carmes, venant à passer, lui adressèrent, par hasard la parole. Le jeune pâtre leur répondit avec tant d'à-propos et fit preuve d'une, droiture d'esprit si remarquable, qu'ils lui proposèrent de les suivre à Dijon, ce qu'il accepta avec enthousiasme. Devenu lui-même religieux de cet ordre, son rare mérite le porta bientôt aux premières dignités de la congrégation, et le fit ensuite choisir pour prédicateur et confesseur des rois Charles VIII et Louis XIl. Il fut élevé, en 1494 sur le siège de Sisteron, et mourut, dix ans après, aux États de Blois, où il assistait comme élu du clergé. On pense que sa mort fut le résultat du poison, que lui aurait administré une criminelle et basse jalousie. Son corps fut déposé dans la chapelle des carmes d'Orléans, et son cœur transporté dans celle du couvent de Dijon, qui l'avait reçu. encore enfant.
Laurent Bureau avait fondé, quelques années avant sa mort, à Liernais, une donne de cinquante-sept mesures de seigle et d'orge, de quatre de froment, d'autant de pois, et de trente-deux livres, en argent, pour les pauvres de la paroisse; elle se distribua, chaque année, jusqu'à la révolution. Pierre Bureau, son frère, habile physicien, fut médecin du comte Jean de Clamecy. [COURTÉPÉE, Descript. de Bourg., tome VI p. 276.]

Liernais n'est alimenté que par une source, dont le ruisseau se jette dans l'Arroux, à Voudenav. La fontaine de Prolo, après avoir coulé quelque temps, se perd sous terre, dans une fondrière appelée le Creu-du-Diable, à l'est du bourg.


Lavoir à Liernais

La justice se rendait autrefois en ce bourg, au nom des ducs de. Nevers, dans un bailliage seigneurial, dont les appels se portaient à la pairie ducale et les cas royaux à Saint-Pierre-le-Moûtier.

La seigneurie du pays, avec titre de châtellenie, appartenait, en 1207, à Mathilde, comtesse d'Auvergne, qui légua, cette année-là, pour le remède de son âme de celles de ses ancêtres, et spécialement pour fonder l'anniversaire de Guillaume, son fils, au prieuré de Bar-le-Régulier, cinq sous de cens, à perpétuité, sur le meix de Renaud de Charèce, un setier d'avoine et les tierces de ce meix. [Ego Matildis, Arvernie comitissa, universis Chrisli fidelibus, tam futuris quam presentibus, notum fieri volo quod ego, pro remedio anime mee, necnon antecessorum meorum et précipuè pro anniversario filii mei Giiillelmi, annuatim faciendo, donavi et concessi, in perpetuum, Deo et ecclesie Sancli Johannis de Barro Regulari quinque solidos censuales in manso Beginaldi de Charece et unum sextarium avene el tercias terrarum que pertinent ad tenementum supradicti mansi. Igitur, ut hujus mee donationis institutio perpetuam obtineat stabilitatem, presentam cartulem, sigillo meo firmatam, Anserico priori et canonicis predicte ecclesie in testimonium traditi. Actum anno gratie M° CC° septimo. (Dijon, fonds de Bar-le-Régulier.)] L'année suivante, elle attesta, avec l'évêque d'Autun, la donation de la terre de Savilly, faite par Barthélemi de Liernais et Guillaume, son frère.[Ego galterius, Dei gratia Eduensis episcopus, et ego Matildis, comitissa Arvernie, domina de Liernais, omnibus tam presentibus quam futuris, notum fieri volumus quod Bartholomeus de Liernais dedit, ob remedium anime sue... quidquid habebat apud Savilliacum, tam in planis... Actum anno... M° CC°. oclavo. (Dijon, fonds de Bar-le-Régulier.)]

Pérard, cité par Courtépée, dit que cette princesse céda, à la prière du duc de Bourgogne, en 1210, la châtellenie du lieu à Hervé de Donzy, comte de Nevers, en échange des seigneuries de Rougemont et d'Arnières.[PERARD, charte p. 309 ; Courtépée, nouv. édit, tome IV, P. 133]

Le terrier de 1371 nous montre que le possesseur avait droit de tailles à Liernais, à Villers-Lyénas, à La Guette, à Saint-Martin-de-la-Mer, à Chevannes-sur-Arro. Une reconnaissance de 1675 fait connaître, assez amplement, quels étaient les droits des ducs de Nevers dans le pays. Ils consistaient en la châtellenie, régie selon la coutume du Nivernais, le scel aux contrats, la haute, moyenne et basse justice, la nomination des juges, procureurs, notaires authentiques, sergents, gardes-bois ... ; le droit de chasse et de pêche, de mainmorte, de censive universelle, convertie, la même année, en cens et rentes, celui d'ombrage et de tierces, ou le pouvoir de prendre et choisir la première gerbe de blé et autres grains provenant des héritages soumis à ce droit, et, en outre, le huitième de ces mêmes grains, tant qu'il y en avoit, avec défense d'enlever les déblaves, sans appeler préalablement le receveur ou accenseur du seigneur, à peine de soixante sous d'amende, et obligation de les conduire dans sa grange de Liernais, ou autre, indiquée par le fermier ; la banalité du moulin de la Gravotière, où les sujets étaient tenus de conduire leurs fournées, à peine de la confiscation des grains, des chevaux, mulets, ânes, charrettes ; les grandes terres, vaines et vagues, que les habitants pouvaient ensemencer en payant le droit d'ombrage et de tierces ; la faculté de lever, chacun an, sur les justiciables, jusqu'à douze muids, quatre setiers, sept boisseaux et un huitième, au moins, d'avoine, mesure comble, en comptant quatre-vingt-seize boisseaux par muid, répartis sur les manans de Liernais, de Cenfosse, du Meix-des-Quatre-Livres, de Saint-Martin-de-la-Mer ... ; le droit de messerie, les tailles, donnant six vingt-deux livres, dues par les habitants de ces hameaux et ceux de Buy et de Vaucheseuil, près de Chissey...

Les sujets avaient, à leur tour, la faculté de prendre leur chauffage et le bois à bâtir dans les Revenues de Liernais et de Laborde, du côté de Baroiller, et d'y conduire leur bétail et leurs porcs, quand bon leur semblait. [Philippon de Feins, écuyer, était châtelain de Liernais et de Saint-Brisson, pour le comte de Ners, en 1371 ; Étienne de Ruillon, en 1378; Guillaume Berthelon, en 1390, et Hubert Pinaut, en 1401].


L'Huis-Billard à Liernais

Les ducs de Nevers affermaient ordinairement ces droits et ceux de la châtellenie de Saint-Brisson, réunis, une somme du cinq cents livres, non compris les charges habituelles, comme les gages du juge, du procureur fiscal [Guy Sallier, juge de Liernais, en 1677, recevait un gage de vingt livres et le procureur cinq.], et les cinquante livres pour marier annuellement une fille pauvre [Barbe Robelin, fille aumosnée, reçut, la même année, cinquante livres, y compris la dépense du contrat et de la bague.], comme on le voit par le bail de Jean Foucauld, en 1671 [Archives de Nevers et de La Chaux.]

Une partie du pays était possédée, en arrière-fief, au douzième siècle, par une famille de ce nom. Anséric, seigneur de Liernais, en 1170, laissa deux fils : Barthélemi et Guillaume, chevaliers, qui donnèrent, en 1208, leur terre de Savilly au prieuré de Bar-le-Régulier, pour fonder un anniversaire pour le remède de leurs âmes [Ego Matildis, comitissa Arvernie, domina de Liernais, tam presentibus quam futuris notum fieri desidero quod Bartholomeus et Wilelmus, frater suus, filii Anserici de Liernais, pro remedio animarum suarum, ecclesie beati Johannis de Barro et viro priori dicte ecclesie et conventui quidquid apud Savilliacilin et in territorio possidebant, concesserunt et dederunt. Et insuper, in presentia nostrà, promiserunt quod donationem predictam ab omni perturbatione hominum quietam, in bond fide, defenderent... Actum anno ab incarnatione Domini M° CC° octavo. (Archives de Dijon, fonds de Bar-le-RéguIier.)]. André de Jonchery, écuyer, fit aveu, pour sa terre de Liernais, quatre ans plus tard. Jean donna dénombrement en 1408, et Hubert Pinaut de Molins en 1437.

Une horrible peste décima la paroisse en 1589. Les seigneurs abandonnèrent leurs châteaux; des maisons restèrent vides de leurs habitants.

Vellerot, Vallis Crovaria, à l'est , possède un château, rebâti en 1783, sur les ruines d'une antique maison-rorte. Il formait jadis un fief, en toute justice, dans la mouvance de la châtellenie. La révérende mère Charlotte de Bréchard, morte en odeur de sainteté, y vit le jour en 1580. Elle était le sixième enfant du seigneur de ce nom. Vellerot a été longtemps possédé par une branche de la maison de Damas. Jacques de Véronneau et J. de Rouvray le vendirent à Erniland Blanot, qui rebâtit la maison seigneuriale. Il portait : D'azur, à trois épis d'or, mouvant d'un croissant d'argent. Sa fille fit passer Vellerot à Amable Taillardat de La Maisonneuve, qui l'a laissé à son fils.

Cenfosse, au nord-est, avec un vaste château, flanqué d'une grosse tour, était aussi une dépendance de la châtellenie. Tous les habitants étaient, en 1675, mainmortables, et leurs biens, jusqu'à ce qu'ils se fussent rachetés et fait affranchir par Mgr le duc de Nevers, ne pouvaient être possédés que par des gens de condition servile [Archives de La Chaux, terrier de Liernais]. Cenfosse appartenait, à titre de cens, en 1783, à Emiland Blanot, qui fut, plus tard, juge de paix de Liernais. Louise-Pierrette, sa fille aînée, le porta en dot à Jean-Élisabeth Siraudin, écuyer, maire de la commune, issu d'une ancienne famille du Mâconnais, où on la voit tenir un rang distingué depuis le commencement du seizième siècle.
Elle a donné plusieurs membres à l'Eglise et des magistrats à l'État. Son nom s'écrivait indifféremment Siraudin, Sirauldin et de Sirauldin. Ses armes sont : D'argent, à la fasce de gueules, accompagnée, en chef, de trois cerises, au naturel, et, en pointe , d'un daim de même à la base de sinople.

Jean de Sirauldin , écuyer, seigneur de Saint-Léger, conseiller du roi, capitaine du château de Cuisery, épousa, en 1595, Lucrèce de Saigy, et fut inhumé, cinquante ans plus tard, dans l'église Saint-Vincent de Chàlons-sur-Saône, près du portail On lisait sur sa tombe : " Cy-soubs gist noble Jehan de Sirauldin, en son vivant seigneur de Saint-Léger en Mâconnais, conseiller du roy, capitaine-châtelain de Cuisery, et noble dame Lucrèce de Saigy, son épouse."
Nicolas de Siraudin, son fils, lui succéda dans ses biens et dans sa charge.
Quoique cette famille eût des droits anciens à la noblesse, Jean-Elisabeth demanda et obtint, le 5 octobre 1820, de nouvelles lettres patentes du roi Louis XVIII, qui lui confirmaient le titre d'écuyer et les armoiries rapportées plus haut. [
" Louis, par la grâce de Dieu, roi de France et de Navarre, voulant donner une marque de notre bienveillance au sieur Jean-Elisabetli Siraudin, maire de Liernais, nous l'avons, par notre ordonnance du 8 août dernier, décoré du titre de noble. En conséquence, en vertu de cette décision, notre aîné ... désirant profiter de la faveur que nous lui avons accordée, s'est retiré par-devant notre ministre secrétaire d'État au département de la justice, à l'effet d'obtenir nos lettres patentes nécessaires pour jouir de son titre et en faire jouir ses descendants. A ces causes, nous avons, de notre grâce spéciale, pleine puissance et autorité royale, anobli, et, par ces présentes, anoblissons ledit sieur Jean-Elisabeth Siraudin, voulons qu'il soit censé et réputé noble tant en jugement que dehors, ensemble ses enfants, postérité descendante, nés et à naître, en légitime mariage; que, comme tels, ils puissent prendre, en tous lieux et en tous actes, la qualité d'écuyers .."] Il naquit à Mâcon, en 1781, de Valentin Siraudin, conseiller du roi et procureur au bailliage royal de cette ville, qui périt victime de la tourmente révolutionnaire, en 1793. Jean-Elisabeth mourut an château de Cenfosse, au mois d'août 1856, laissant cinq fils . Christophe-Valentin, président de chambre à la cour impériale d'Amiens; Ludovic, ingénieur des mines ; Jean-Adrien, actuellement propriétaire de Cenfosse. Celui-ci avait épousé, le 21 décembre 1857, Marie-Thérèse-Antoinette-Laure de Chabannes, décédée le 5 septembre 1861.

Villars, autrefois Villers-Lyénas, Villare, hameau de cinquante-trois feux, a pris ce nom d'une antique construction romaine. On y voyait anciennement une maison-forte, dont il ne reste plus de vestiges. Il formait une seigneurie, en toute justice, dans la mouvance de la châtellenie de Liernais. Jean de Chatillon-en-Bazois la tenait en fief, en 1260, et Eudes de Roussillon, son fils, sire du lieu, en 1298. Par son testament de la même année, ce dernier assit sur ses tailles de Villers-Liénas , qui se payaient à la Saint-Thomas, une rente de vingt sous, léguée à l'église de Saint-Andoche de Saulieu, pour fonder son anniversaire , et une autre de quarante, faite à la même église par Jean, son père [Item, do et lego ecclesiae Sancti Andochii Sedelocensis viginti solidos annui redditûs pro anniversario meo ; quos, unà cum quadraginta solidis divionensibus annui redditus, quos olim Joannes, pater meus legavit dictae ecclesiae, assideo super taillias meas de Vilerolienas, quae solventur ad festum beati Thomae, apostoli.]. Il fonda également son anniversaire, avec une lampe ardente, en la maison-Dieu de la bienheureuse Marie de Saulieu, pour vingt sous dijonnais de rente sur le moulin de son étang Bariller, probablement Baroiller [Item do et lego domui Dei Beatae Mariae Sedelocensis vigiinti solidos divionenses annui redditùs pro anniversario el lampade ardente, quos assideo super molendinum Stanni mei Bariller.]
Villars appartenait, au commencement du quatorzième siècle, à Guy d'Ostun , chevalier, sire de Beauvoir et d'Arconcey. Ce seigneur ayant été chargé, par son contrat de mariage avec Marguerite, fille de Guy de Beauvoir, de payer an comte de Bar, au nom d'Eudes IV, due de Bourgogne, une somme de quinze mille livres, fut forcé d'aliéner ses terres de Bières et de Ruffey et d'emprunter d'Odon de Gayes huit cent dix livres.
Après sa mort, en 1339, Simon, fils d'Odon, poursuivit le remboursement de la créance sur ses enfants, savoir : Girard et Jacquette d'Ostun, mariée à Jean d'Aucerre, fils de Miles, seigneur de Brèves, auquel elle porta la terre de Beauvoir, dont il prit le nom. Le fief de Villars fut saisi et vendu sur le premier, en 1340, par Jean Guyard, commissaire du roi, pour sa part de la dette des huit cent dix livres. Le reste fat assis le vendredi après la Saint?Barnabé, de la même année, sur la maison-forte de Beauvoir et ses dépendances. [(1) Archives de Chastellux , Livre noir, p. 78; Bulletin de la société des sciences de l'Yonne, 1865, XIX°, volume, p. 199]
Villars fut, sans doute, acquis par Jean de Beauvoir, chevalier, seigneur de Bordeaux, beau-frère de Guy d'Osfun, puisque nous voyons Marie, sa fille, le porter en dot, en 1360, avec la moitié de Beauvoir, Savigny-le-Beuréal , La Guerclie..., et cent livres de terre sur la future succession de Laure de Bordeaux, sa tante, à Jean Broischard ou de Breschard, chevalier, sieur de Santrène [Chastellux, Livre noir, p. 97 ; Nouveau Livre noir, p 131.] Louis, leur petit-fils, en jouissait au milieu du quinzième siècle. Claude de Clugny, seigneur d'Esfours , le possédait en 1480, alors qu'il épousa Guyonne de Brazey [PAILLOT, tome IV, folio 241, et tome VI, p. 202.] Il passa , au commencement du dix-huitième, par voie de testament, à Louis de Pernes, comte d'Epinac, et à Antoine de Rouvray, seigneur de Saint-Germain-du-Bois, qui obtinrent, en 1708, des lettres de souffrance pour ce fief et celui de La Guette.
La maison de Chargères, branche de Tourny, en jouissait à la fin du même siècle.

La Guette, jadis située partie en Bourgogne et partie en Nivernais, se partageait naguère entre deux seigneurs. Elle était mouvante, pour un quart, de la châtellenie de Liernais, et pour le reste de la baronnie de Thoisy-la-Berchère. Là se trouvait le Meix-des-Quatre-Livres dont nous avons parlé. La Guette eut Iong-temps les mêmes seigneurs que Villars. Guillaume de Saulieu, maire de cette ville, en était possesseur en 1271. Eustache de Conflans, sieur de La Chapelle, en fit aveu en 1331 ; Jean Broischard renouvela ce devoir quarante ans après; Guy et Guillemette de Montagu , en 1545. Messire de Saint-Léger refit le terrier , six ans plus tard. Louis de Pernes, comte d'Epinac, et Antoine de Rouvray, légataires du sieur de Villars, en jouissaient vu 1708. César-Gabriel de Choiseul , duc de Praslin , acquit Villars, en partie, La. Guette, et Vellerot, du marquis Bénigne de Bouhier, président à mortier au parlement de Bourgogne, pour seize mille livres et quatre cent quatre-vingts de pot-de-vin , et en fil aveu le 3 juillet 1767. Le huitième de ces fiefs seulement relevait de la Bourgogne [Dijon, Peincedé, tome IX, p 459 et suiv].