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Réf : ADCO II O 561 / 11
Date : 19/12/1794
29 frimaire an III
Commentaire : Le Comité de Salut Public a décidé la fabrication d'un million de paires de sabots pour l'armée. Darnay est chargé de compter les bouleaux et les aulnes aptes à cet usage, et les sabotiers, qui sont réquisitionnés. Rude tâche, d'autant que ni les habitants de St Martin ni le climat ne se montrent coopératifs ...
Rapport de Louis-Benoit DARNAY, commissaire au recensement des arbres et des sabotiers réquisitionnés pour l'équipement des armées de la République.
Auteur : Louis-Benoit DARNAY, commissaire au recensement

 

Ce jourd'huy vingt neuf frimaire l'an troisième de la République une et indivisible, je soussigné Louis-Benoit Darnay, commissaire nommé par arrêté du Directoire du district d'Arnay-sur-Arroux à sa séance publique du 26 du présent mois en exécution de l'arrêté du Comité de Salut Public du 15 brumaire dernier qui met les bois propres à faire des sabots et les sabotiers en réquisition dans l'étendue de la République tant pour la consommation intérieure que pour l'approvisionnement d'un million de paires de sabots pour le service des garnisons ; ledit arrêté du district d'Arnay sur Arroux portant que les commissaires demeurent nommés à effet de parcourir :

1° les bois de ce district notamment dans les communes de Bard, Manlay, Savilly

2° de constater le nombre d'arbres propres à faire des sabots qui existent dans les bois et de se faire assister des gardes des mêmes bois afin d'accélérer les opérations

3° il dressera sur l'indication des officiers municipaux de chaque commune des listes des ouvriers et fabricants de sabots qui résident ou travaillent dans lesdites communes ou bois, suit après le rapport.

...

Municipalité de Martin la Mer

Le trois nivôse suivant [mardi 23/12/1794], je me suis transporté au territoire de Lavaux commune dudit Martin de la Mer laquelle commune est d'une très grande étendue, auquel lieu de Lavaux je n'ai point trouvé d'officiers municipaux, m'étant adressé au citoyen Claude Morot, commandant de la Garde Nationale de Saulieu, propriétaire audit Lavaux, il m'a offert de me conduire lui-même dans ses héritages où je pourrais trouver du bois convenable à fabriquer des sabots. Il m'a conduit en premier lieu dans un bois à lui appartenant, appelé les Tannières autrement la Chintre Dessus, situé au territoire dudit Lavaux dans lequel j'ai compté trente deux pieds de boulots propres à être fendus en pieds dans une grande pâture appellée le Caveau de l'Etang, même finage de Lavaux, quarante-cinq gros pieds de boulots en différents petits cantons.

Dans une autre pâture appelée la Nouée appartenant toujours audit Morot, j'ai trouvé cinquante-cinq pieds de boulots propres à être fendus en pieds compris ceux qui sont emplantés le long du pré situé au dessous de la pâture.

De là nous nous sommes transportés avec Antoine-Pierre Dupuy laboureur audit lieu de Lavaux dans un petit canton de bois appelé la Vernotte appartenant la moitié du dessous audit citoyen Morot, l'autre moitié audit Dupuy où j'ai également compté douze pieds de boulots.

Dans une pâture appelée la Chintre Vignaud appartenant à Lazare Charles où j'ai trouvé trois gros pieds de boulots et dans un buisson appelé les Vernes Jacob appartenant audit Charles, j'ai compté huit pieds de vernes. Ayant demandé aux ci-devant nommés s'il y avait dans le village de Lavaux des fabricants de sabots, ils m'ont assuré qu'il n'y avait qu'Antoine Dupuy, laboureur, qui se mélait d'en fabriquer pour les usagers de la maison seulement.

[autres hameaux visités : Island et Conforgien où il y a 2 bons sabotiers]

Et attendu que le gros temps de neige fut venu depuis les quatre heures, je me suis retiré à Saulieu sans pouvoir continuer la visite des bois de cette commune non plus que les autres communes portées dans ma commission, attendu qu'il n'était pas possible de faire aucune reconnaissance dans les bois et que par la continuation d'une saison rigoureuse on ne peut dans ce moment cy encore y entrer debout quoi j'ai rédigé le présent rapport que j'affirme vrai ayant dépensé pour frais d'indicateurs, gardes et officiers municipaux appelés quarante-sept livres.

Fait et clos à Arnay-sur-Arroux le 21 nivôse l'an troisième de la République.

Signé DARNAY

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