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Réf : Sa Vie à ses enfants, éd. critique par Gilbert SCHRENCK, Paris, Société des textes français modernes, diff. Klincksieck
Date : 1986
Commentaire : L'épopée d'Agrippa d'Aubigné (écrite par un chroniqueur en ?), à travers un pays de France qui ne lui veut pas que du bien.
Agrippa d'Aubigné, sa vie à ses enfants
Auteur : Gilbert SCHRENCK
 

 

Là dessus le Roy ayant en diligence rempli le Poictou de son armée, Aubigné prit sa résolution de venir prendre le chevet de sa vieillesse et de sa mort à Genève.

Ceux de la faveur (1) qui le cherchoient par tout, ayants envoyé billet aux principales villes pour l'arrester, et sur tout au passage des rivieres, il partit avec douze chevaux bien armez, et usant de la bonne science qu'il avoit des chemins, passa la première nuict dans trois regiments, et trois corps de garde de l'armée ; et eut en son voyage quelques heurs bien à propos, comme trouvant un regiment qui l'arreta dans les fausbourgs de Chasteau Roux, un paysan de rencontre luy fit passer la riviere en lieu inespéré, de mesme son train ayant esté coupé par la moitié au passage de Bourges, en lieu non accoustumé, par une guide de rencontre, le mesme heur luy arriva en ce que plusieurs gentils hommes et Ministres aux quels il s'adressoit pour leur demander des guides, sans le cognoistre, poussez de quelque sentiment, luy en servoyent eux mesmes (2)

Le pasteur de Sainct Leonard (3) le conduisant à Conforgien, le destourna pour luy faire voir en un village le miracle d'une famme de septante ans, de qui la fille estant morte en couche, elle pressa son petit fils contre son sein, s'escriant, O Dieu, qui te nourrira ? A ces mots l'enfant empoigna un des bous de sa grand'mere, et les deux mamelles furent à l'instant pleines de laict, duquel elle l'a nourri dishuit mois parfaitement bien. Cette histoire avant qu'estre imprimée a esté verifiée par l'acte public de l'Esglise.

A Conforgien, le Baron du lieu ayant employé un nommé Petit Roy pour la conduite de son hoste, ce galent amassa la nuit quelques gentils hommes du pays pour leur mener dans une embuscade. Petit Roy au matin ayant parlé à Aubigné, il luy prit mal de coeur, se desista de la conduitte, et donna un autre guide qui changea de route : et ceci fut confessé par un jeune gentil homme, qui en demanda pardon en mourant à sa mere, laquelle l'avoit nourri à la religion.


(1) Cette expression désigne les favoris de Louis XIII et de Luynes.

(2) D'Aubigné quitta le Poitou vers le 12 août 1620

(3) St-Léonard-lez-Corbigny dans le Morvan, d'où d'Aubigné gagna Conforgien, au sud de Saulieu, gouverné par Guillaume de Clugny, un fidèle partisan de la Réforme.

 

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