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Date : 01/01/1742
Commentaire : Cette confrérie sous le patronage de St Hubert fut fondée en 1741, "pour porter chaque habitant de la paroisse, à l'imitation du saint patron, à la pratique des vertus morales et chrétiennes".
Elle joua un rôle important pour la paroisse de St Agnan :
Elle entretint l'esprit religieux dans une période de déchristianisation,
elle tenta de lutter contre l'esprit de chicane entre les habitants,
grâce aux battues qu'organisaient ses membres, elle préserva les métairies isolées des loups qui rôdaient autour des écuries et attaquaient les enfants.
Statuts de la confrérie érigée par M. Chartraire de Montigny, seigneur dudit Saint-Agnan
Auteur :

 

 

 

Rien n'est plus avantageux, ni plus précieux, dans une communauté, que l'esprit de paix et de concorde. Rien n'est plus propre à l'entretenir que les assemblées de fidèles qui se font sous les différentes dénominations de confrérie et d'association. C'est pour obtenir cet esprit d'union entre les habitants de la paroisse de Saint-Agnan que M. Chartraire, comte de Montigny et de Bierre, seigneur de Saint-Agnan, lieutenant du roi pour les villes et châteaux de Semur-en-Auxois, vient d'ériger à perpétuité dans l'église paroissiale dudit Saint-Agnan, la Confrérie de Saint-Hubert, afin que chaque habitant puisse, à l'imitation du patron de la confrérie, pratiquer les vertus morales et chrétiennes dans la vue que s'est proposée M. Chartraire de Montigny, instituteur de ladite confrérie.


Et comme les actions humaines ne sont dignes de louange et de récompense devant Dieu et devant les hommes qu'autant qu'elles sont conformes aux règles qui les prescrivent, les personnes qui auront dessein d'entrer dans la confrérie seront tenues de suivre point à point les statuts ci-après :

Article premier. - La confrérie de Saint-Hubert érigée dans l'église de Saint-Agnan sera sous la conduite d'un aumônier qui en sera en même temps directeur, d'un capitaine, d'un lieutenant et d'un enseigne.

Art. 2. - M. le curé sera prié par M. Chartraire de Montignv ou ses successeurs, seigneurs de Saint-Agnan, et par tous les confrères, de vouloir bien accepter la qualité d'aumônier, directeur de ladite Confrérie.

Art. 3. - M. Chartraire de Montigny et ses successeurs, seigneurs de Saint-Agnan, seront de droit capitaines de la Confrérie.

Art. 4. - Le lieutenant et l'enseigne seront nommés par le capitaine de concert avec l'aumônier directeur.

Art. 5. - Il sera fait choix chaque année par les officiers et autres confrères d'un secrétaire et d'un receveur de la Confrérie, lesquels ne pourront être pris que dans le nombre des habitants de St-Agnan.

Art. 6. - Pourront être continués pendant plusieurs années, lesdits secrétaire et receveur, s'il est jugé utile pour le bien de la confrérie.

Art. 7. - Les fonctions du secrétaire seront d'inscrire sur le registre de la Confrérie ceux qui seront admis, et tous les autres actes qui auront rapport à ladite Confrérie.

Art. 8. - Les fonctions du receveur seront de recevoir le droit que chaque confrère doit par an et de payer la dépense qui sera faite pour les messes qui seront dites le jour, le lendemain de la fête du patron de la Confrérie, ainsi que le luminaire nécessaire pour les messes. Il sera, en outre, tenu de rendre compte de la gestion le lendemain de la fête de Saint-Hubert pour chaque année d'exercice, en présence du capitaine ou du premier officier qui s'y trouvera, et de l'aumônier qui auront droit d'arrêter son compte.

Art. 9. - Chaque personne qui voudra se faire admettre à la Confrérie se présentera au capitaine pour avoir son agrément. Après quoi, ils seront inscrits sur le registre à ce destiné. Et nul ne pourra y être admis s'il n'est réputé de bonne vie et moeurs.

Art. 10. - Chaque confrère sera tenu de payer, chaque année deux sols au receveur de la dite Confrérie, pour être employés aux frais nécessaires.

Art. 11. - Les confrères vivront en bonne intelligence et concorde entre eux et aucun d'eux ne pourra intenter procès aux confrères sans en avoir auparavant obtenu l'agrément de M. le capitaine qui lui permettra dans le cas où le différend ne pourrait être concilié à l'amiable.

Art. 12. - Le jour de la fête de Saint-Hubert, il sera célébré une grand'messe à l'autel de Saint-Hubert, pendant laquelle il sera offert un pain bénit, suivant l'usage, après quoi il y aura une procession de tous les confrères autour de l'église de Saint-Agnan, chacun dans leur ordre et le lendemain de la fête, il sera célébré une messe de Requiem pour le repos de l'âme des confrères décédés, le tout aux frais de la Confrérie.

Art. 13. - Tous les confrères qui ne seront pas empêchés pour une cause légitime. seront tenus de se trouver au château de Saint-Agnan le jour de la Saint-Hubert pour aller à la chasse dans l'endroit qui leur sera indiqué par le capitaine au cas qu'il soit à Saint-Agnan et par celui qui, en son absence, commandera la traque à la chasse.

Art. 14. - Si quelqu'un des confrères tue un chevreuil ou sanglier sans en avoir averti aussitôt après le capitaine ou le premier officier qui se trouvera alors à Saint-Agnan, sa médaille lui sera ôtée et il sera rayé du registre de la Confrérie.

Art. 15. - Les jours indiqués par quelqu'un des offlciers pour chasser à la traque ou autrement, tous les confrères seront obligés de se trouver au rendez-vous, et ceux qui n'auront pas la médaille de la Confrérie ne pourront être reçus pour fusillers mais seulement pour traqueurs.

Art. 16. - L'aumônier aura soin de lire une fois l'an, au moins, à haute et intelligible voix les règlements afin d'instruire les confrères de leurs obligations.

Art. 17. - Les confrères réciteront, tous les vendredis de chaque semaine, trois fois le Pater et trois fois l'Ave Maria pour les offliciers de la Confrérie et pour les autres confrères.

Art. 18. - Les pratiques ci-dessus proposées n'obligent d'aucune manière ni sous peine d'aucun péché : l'intention de l'instituteur étant d'en laisser l'accomplissement à la piété des confrères.

Les présents statuts ont été lus à haute et intelligible voix à la messe paroissiale Saint-Agnan, aujourd'hui 1er janvier 1742, par moi soussigné directeur de ladite Confrérie : MILLOT, prêtre.

Ce jourd'hui, ler janvier 1742, les confrères ayant été invités par M. Millot, curé de Saint-Agnan et directeur de la Confrérie, à la réquisition de M. Chartraire de Montigny, de voter à l'église à l'issue de la messe paroissiale pour procéder à la nomination des officiers de la dite Confrérie; ils ont unanimement fait choix de M. Chartraire de Montigny pour capitaine, du sieur Claude Louet. pour lieutenant ; du sieur Pierre Armand, pour enseigne; du sieur Jean-Marie Guyot, pour secrétaire et de Joseph Pompon, pour receveur des deniers de la Confrérie. Lequel seigneur ci-présent a bien voulu accepter les qualités de capitaine, ainsi que les autres officiers celles qui leur ont été déférées et ont signé avec les confrères présents, le sachant faire :
Chartraire de Montigny, Millot, prêtre, Gaillard, Decharolles, Carré, Louet, Armand, Guyot, J. Pompon, Boillot, Pierre Mercier, garde, pour M. Dumontal (sic) représentant M. le comte de Dumontal, Monseigneur [le marquis de Montal]

 

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