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Carmagnole au Bois des Issards
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octobre 1791 - L'émigration des Espiard et des Comeau

La fuite du Roi a largement contribué à créer une situation très difficile pour les familles nobles de la région. En octobre 1791, le climat s'est nettement détérioré. Il y a eu des violences.


Volets fermés au château de Mâcon - Le temps de l'émigration

 

Jean-Baptiste-Lazare-Pierre ESPIARD réunit une dernière fois tout le personnel du château pour un dernier adieu, puis il ferme les volets de Mâcon et accompagne à Dijon sa femme Anne-Augustine et ses enfants Françoise-Xavière (13 ans), Jean-Alexandre (11 ans) et Bénigne-Victoire (8 ans). Dans l'anonymat de la grande ville, ils seront plus en sécurité qu'à St Martin de la Mer, pense Jean-Baptiste-Lazare.

Puis, de Dijon, avec ses meilleurs chevaux, Jean-Baptiste rejoint l'Allemagne. En Forêt Noire, il retrouve Sébastien-Joseph de COMEAU, son neveu, et d'autres officiers qui sont venus combattre dans "l'Armée des Princes", sous le commandement de Louis-Joseph de BOURBON, prince de Condé. C'est le début d'une longue période de sang et de larmes.

A Saint-Martin, ce départ crée un grand vide, et en tout premier un simple problème de ressources pour les dix habitants de la commune qui travaillaient au château comme femmes de chambre, jardiniers et cochers.

Les autres membres de la famille de Jean-Baptiste sont confrontés au même problème. La très grande majorité des hommes partent en Allemagne pour rejoindre l'Armée des Princes, les femmes et les enfants essayent de trouver une solution de repli sur place.

L'escalade de 1792

A partir de ce moment, la Révolution se durcit peu à peu et les évènements vont s'accélérer de façon inéluctable.

Pour faire face aux tensions aux qui se manifestent aux frontières, l'armée a besoin d'hommes et va les trouver par une nouvelle conscription avec tirage au sort, puis la proclamation de "la Patrie en danger" en juillet.

Le conflit entre l'Assemblée et le Roi prend un tour aigu. Louis XVI utilise son droit de véto contre les décisions sur les biens du clergé. La réplique sera son incarcération en août, et l'abolition de la royauté en septembre. Les jours du Roi sont comptés.

 

28 août 1792 : Le bois des Issards va-t-il devenir bois communal ?

La Convention vient de prendre une série de décisions destinées à créer un Code Rural, et plusieurs concernent plus particulièrement les bois. L'une d'elle sonne comme un coup de tonnerre à Saint-Martin : Décision a été prise d'annuler tous les triages qui ont été faits par les seigneurs depuis 1669, sauf en cas de présentation de titres de vente, ce qui est plutôt une bonne nouvelle.

Mais c'est la suite qui crée l'évènement à Saint Martin : toutes les terres "vaines et vagues" seront attribuées au communes dans les cinq ans, sauf en cas de présentation de titres de propriété ou de preuve de possession ininterrompue depuis quarante ans.


détail d'un tableau de M. VERTET, curé de St Martin vers 1900.

S'agit-il du chemin qui monte du Châtelot au bois des Issards ?


L'acte de reconnaissance au terrier de la châtellenie de Liernais, qu'avaient signé le 2 juillet 1786 les 5 paysans de Saint-Martin, Philibert BILLARD, Pierre-Lazare COLLENOT, Philibert GEAY, Nicolas IMBERT et François RONSIN, leur avait permis d'empêcher que le Duc du Nivernais exerce son droit de triage sur ce bois. Ils avaient pu le récupérer au prix du paiement d'un lourd arriéré de cens, et continuer à l'utiliser pour leurs besoins en bois de chauffage et pour y faire paître leurs troupeaux, avec les problèmes que l'on sait. Et voilà que maintenant, avec cette décision de la Convention, ils ne remplissent plus les conditions du décret pour en rester propriétaires. Impossible pour eux de fournir la preuve d'une propriété ininterrompue de ce bois depuis quarante ans. C'est justement cette absence de preuve qui avait failli leur faire perdre le bois en 1786 !

Une véritable spoliation, décidée par ces hommes politiques parisiens qui n'y comprennent rien aux histoires de bois des paysans de Saint-Martin. Après le Duc du Nivernais, les "représentants du peuple" ! Un désastre ...

Il restait cependant un petit espoir, puisque la Convention avait prévu un délai de 5 ans pour la mise en application de ce redoutable décret. Sera-t-il possible avant la fin de ces cinq années de démontrer que l'assimilation du bois des Issards avec des terres "vaines et vagues" est abusive ? L'espoir est bien mince ...

Octobre 1792 à Liernais - Les chevaux des Espiard

Des ennuis, en cette période, tout le monde en a à revendre ... Jeanne CHARLES, veuve de Sébastien-Joseph ESPIARD de MEIX-PINOT, est restée à Liernais avec plusieur de ses enfants, dont Antoine-Bernard (23 ans), qui n'a pas suivi ses frères ainés en Allemagne. Leur situation est devenue difficile, et leurs biens sont convoités.

L'armée a des besoins infinis en hommes, en matériel et en chevaux. L'administration de la Côte d'Or a décidé que "les chevaux et mulets de luxe seulement appartenant à des citoyens non émigrés doivent être employés au service de l'armée", à la suite de quoi la municipalité de Liernais a mis la main sur un des chevaux de la famille ESPIARD.

Arguments et contre-arguments. Jeanne CHARLES et son fils Antoine-Bernard ESPIARD de Mâcon défendent que "les trois juments et l'étalon ... sont bien des chevaux de labour et ils sont utiles et employés à la culture ... et le cheval de selle leur est nécessaire pour leurs exploitations rurales et leur commerce." S'agit-il de chevaux de luxe ou de chevaux de labour ? De labour, disent les ESPIARD.

Les arguments de la famille d'un émigré qui combat contre les armées françaises auront-ils une chance de convaincre face aux besoins de la défense nationale ?

 

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