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Carmagnole au Bois des Issards
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Résumé des deux
époques précédentes : En juin 1786, Pierre-Lazare et 5 autres habitants de St-Martin-de-la-Mer se sont partagés le bois des Issards pour éviter qu'il tombe entre les mains du Duc du Nivernais. Puis la Révolution est survenue, et elle a commencé à bousculer des habitudes ancestrales : La Convention a décrété la municipalisation des communaux, les biens de la paroisse sont devenus biens nationaux, le seigneur Espiard a émigré en Allemagne et ses biens ont été mis sous séquestre.

L'année 1793 va commencer ...

 

L'année 1793 a commencé par un évènement qui paraissait inconcevable quelques mois plus tôt : le 21 janvier, le Roi Louis XVI a été guillotiné à l'issue d'un procès qui a déchaîné les passions.

A Saint-Martin, comme partout ailleurs en France, les avis étaient partagés. Des siècles d'histoire avaient trouvé un épilogue qui pour beaucoup ressemblait à un grand saut dans l'inconnu.

La mort du Roi a fait croître les tensions aux frontières et l'armée a besoin de 300.000 hommes. La nouvelle conscription est très mal accueillie. Beaucoup de jeunes préférent déserter, malgré tous les risques que ce choix implique. Dans la région de Saint-Martin, les bois permettent de se cacher facilement, et ils deviennent un repaire pour de très nombreux déserteurs. Les habitants de St Martin sont inquiets pour leurs enfants et pour leur propre sécurité menacée par ces bandes errantes.

La situation économique s'est dégradée. Les prix flambent. La livre de blé s'achète 3 livres 15 sols, et la chandelle 1 livre 4 sols, des prix jamais atteints, même dans les périodes le plus noires de ces dernières années. Le pain, aliment de base, a disparu de la plupart des tables.

La Révolution se durcit devant les périls intérieurs et extérieurs. En Vendée, les Chouans commencent à s'organiser et battent les armées de la République. Pour faire face à ces dangers, la Convention envoie dans les départements des représentants qui viennent prêcher une doctrine pure et dure. Les Montagnards s'organisent pour prendre le pouvoir aux Girondins qui détiennent les leviers de commande depuis 1790. Les Sociétés Populaires se mettent en place et leur préparent le terrain. Le 31 mai, l'invasion de la Convention par les sans-culotte sera leur coup d'état.

La chasse au suspects a commencé. Elle concerne non seulement tous ceux qui s'opposent à la Révolution, symbolisés par les nobles qui n'ont pas émigré, les prêtres réfractaires qui refusent de prêter serment, ceux qui critiquent la Convention, mais aussi tous ceux qui ne manifestent que de la tièdeur envers les idées de la Montagne. La tiédeur par rapport à la Révolution est devenue un motif officiel de suspicion.

A Saint-Martin, il y a plusieurs "suspects" :

  • le curé Jean-François RENARD, considéré comme démissionnaire pour avoir juré avec des réserves. Il continue d'exercer son ministère auprès de ses paroissiens, mais il le fait en cachette, la nuit tombée.
  • Anne-Bénigne-Augustine ESPIARD, dont le mari Jean-Baptiste-Lazare-Pierre, "ci-devant seigneur de St Martin" est parti en émigration en 1791. Son château de Mâcon et ses terres ont été mis sous séquestre. Avec ses 3 enfants, Françoise-Xavière, Victoire-Bénigne et Alexandre, elle s'est réfugiée chez des amis à Saint-Martin et est menacée d'emprisonnement. Alors elle écrit aux administrateurs de la Côte d'Or une lettre pathétique pour obtenir un "permis de séjour" à Bard-le-Régulier chez son neveu le "citoyen de Montcrif".

"Sentez-vous, citoyens administrateurs, la dureté de la situation actuelle de l'exposante et de sa famille, ainsi que le prix de l'aveu qu'elle en a fait ? Oui sans doute, aussi croit-elle trouver dans la bonté de vos âmes les vrais moyens dont elle a besoin pour étayer la demande qu'elle va vous faire".

Dans le lourd climat de la période, ses arguments ne convaincront pas les administrateurs du département, et elle va bientôt être emprisonnée pour de longs mois.

A Moux, commune voisine de St Martin, Antoinette RASSE s'inquiète pour son mari Jacques-Jean COLLENOT, notaire. Après avoir été élu le 12 septembre 1791 et réélu le 11 novembre 1792 membre du Directoire du département de la Nièvre, il vient d'être destitué par FORESTIER, représentant de la Convention en mission à Nevers, emprisonné dans cette ville pour délit de fédéralisme et risque d'y laisser la tête.

La famille RASSE est au coeur des évènements puisque le frère d'Antoinette, Pierre-Claude-André, a démissionné de ses fonctions de curé de Voudenay (Côte d'Or). Il est devenu gendarme et, utilisant habilement ses relations, a réussi à se faire nommer à Alligny, dans cette région qu'il connaît si bien, puisqu'il est né à Moux, juste à côté. Dans cette fonction, alors qu'il est chargé de les pourchasser et de les incarcérer, il utilise son réseau de relations pour informer les suspects des risques d'arrestation. Il sauve ainsi de l'emprisonnement et de la mort les familles de nobles qui se cachent, ainsi que ses anciens confrères prêtres. Ceci lui vaudra une popularité grandissante.

 

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