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Louis XVIII et la Restauration

Louis-Stanislas-Xavier, comte de Provence, roi de France sous le nom de Louis XVIII (1814 et 1815 - 1826). (Versailles, 1755 - Versailles, 1826)

Louis XVIII parcourt toute l’Europe avant de pouvoir accéder au trône; lorsqu’il rentre en France, il trouve un nouveau pays, une nouvelle noblesse, une nouvelle organisation administrative et politique. Il lui faut transformer un Empire en monarchie.
Le fils unique de Louis XV laisse quatre fils. L’aîné mort à douze ans, c’est le second qui accédera au trône sous le nom de Louis XVI. Le comte de Provence est le troisième fils. Jeune, il fait déjà preuve de plus de fermeté de caractère que son aîné. Il se découvre un goût prononcé pour le latin. Toute sa vie, il citera en toute occasion, Horace et Virgile.

En 1771, il épouse Marie-Joséphine de Savoie. Le comte de Provence, que l’on appelle maintenant «Monsieur», soigne son image. Il cultive ses lettres et son savoir, s’entoure d’académiciens et autres savants.

En 1787, il préside la première assemblée de notables et se montre favorable à certaines réformes. Avocat de la double représentation du Tiers Etat, il dira plus tard que c’était «une des plus grandes fautes de sa vie». Quand il appréhende l’ampleur du mouvement révolutionnaire, il cesse toute opposition pour faire corps avec la famille royale.

Menacé, il quitte la France avec des passeports anglais en 1791. Il apprend l’arrestation de la famille royale à son arrivée en Autriche. Il organise une maison royale, multiplie les démarches. En 1792, la France a déclaré la guerre à l’Autriche et à la Prusse. Le comte de Provence espère mener la coalition. Tandis que son frère Louis XVI est destitué, il suit des troupes étrangères et assiste, impuissant, aux défaites.

Le 21 janvier 1793, Louis XVI est exécuté. Le comte de Provence devient régent de fait jusqu’à ce que Louis XVII - prisonnier au Temple - devienne roi de France. Il tourne ses espoirs vers Toulon, ville royaliste aux mains des Anglais. En juin 1795, le Louis XVII meurt. Le comte de Provence devient Louis XVIII, roi sans couronne et sans trône.

Il apprend l’échec du coup d’Etat royaliste du 13-Vendémiaire, maté par Bonaparte. C’est encore Bonaparte qui va le chasser de Vérone, où il réside. Alors que le général français transforme les duchés italiens en Républiques, Louis XVIII cherche asile, voyageant à dos de mulet. Il place ses espoirs en Pichegru, général républicain dont le prince de Condé a acheté la trahison. Celui-ci, destitué de l’armée par le Directoire, est maintenant au Conseil des Cinq-Cents. Mais le coup d’Etat royaliste est étouffé le 18 Fructidor et Pichegru déporté en Guyane.

Les armées révolutionnaires avancent, envahissent l’Italie, abordent l’Allemagne, où il réside. Le tsar Paul 1er accepte d’héberger le roi dans le château de Mittau où d’anciens fidèles de Louis XVI viennent lui constituer une petite Cour. Mais il est expulsé en 1799. Louis XVIII se retrouve sur les routes, en plein hiver. Après avoir erré quelque temps, il est recueilli par la reine de Prusse et installé à Varsovie.

Lui et les siens vivent modestement, d’une pension accordée par le roi d’Espagne. En 1801, Alexandre 1er devient tsar et rétablit la pension annulée par Paul 1er. Louis XVIII adresse une lettre à Bonaparte Premier Consul où il lui propose honneurs et richesses s’il accepte de le rétablir sur le trône. Mais Bonaparte peut-il accepter d’être «le Monk de la France» ?

En 1803, Bonaparte demande à Louis XVIII de renoncer définitivement au trône. Le roi refuse. Expulsé de Varsovie, il retourne au château de Mittau, où il échappe à des attentats.

En 1807, son hôte, Alexandre 1er, signe à Tilsit un accord de paix avec Napoléon. Louis XVIII doit à nouveau changer de domicile. Il gagne l’Angleterre où il retrouve son frère, le comte d’Artois.

En 1810, il perd son épouse, enterrée à Westminster avec toute la pompe due à un monarque. Avec dignité, il refuse en 1812 de se réjouir du désastre de la campagne de Russie, qui a causé la mort de 200.000 de ses «sujets».

En 1814, incapable physiquement de supporter l’effort d’une campagne, il délègue les membres de sa famille : le comte d’Artois à l’Est, le duc d’Angoulême dans les Pyrénées, le duc de Berri en Normandie. Le 30 mars, les Alliés sont dans Paris. Le Sénat déchoit Napoléon, Louis XVIII est rappelé.

Déclaré Roi des Français, il s’annonce Roi de France et de Navarre, dans sa 19ème année de règne. Il substitue une Charte organique à la Constitution votée le 6 avril 1814 mais reconnaît l’irrévocabilité de la vente des biens du clergé et garantit les libertés acquises pendant la Révolution. Il abandonne 54 places fortes aux Alliés.

Lors de la première Restauration, il lui faut choisir entre déchoir des hommes placés à des postes importants, qui se disent prêts à le servir, pour satisfaire les royalistes émigrés qui rêvent d’effacer de la mémoire collective vingt ans d’histoire, ou transiger, accepter la nouvelle France. Louis XVIII choisit la seconde solution : la plupart des fidèles de Napoléon, dont Fouché, conservent leur poste. Au retour de Napoléon, le roi s’exile à Gand. Il ne revient à Paris qu’après la bataille de Waterloo, le 18 juin 1815.

A la tête d’une France divisée, Louis XVIII amnistie les révolutionnaires, à l’exception des régicides. Il écarte Fouché, pour plaire aux ultras et accepte la dissolution de la Chambre royaliste, pour plaire aux libéraux. Afin de s’allier des officiers bonapartistes, il crée soixante pairies en mars 1819. Jusqu’à la fin de son règne, il lui faut ainsi naviguer entre un parti royaliste ardent et revendicatif et un parti libéral tenace.

Malade depuis plusieurs années, Louis XVIII voit son état empirer au cours de l’été 1824. Il meurt le 16 septembre après avoir béni sa famille.

Alexandra Dalbi

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